En une année…

2011
12.21

    Procrastination et perfectionnisme vont souvent de pair. Procrastinatrice, je le suis assurément; perfectionniste aussi, au moins dans certains domaines. Et en bonne perfectionniste, mon premier mouvement lorsque je me suis mise à faire le point sur l’année écoulée a été de commencer une liste mentale de tout ce que j’étais supposée faire (façon 101 choses en 1001 jours…) au cours de cette année et que je n’ai pas fait.
    Mais… il se trouve que petit à petit, je change, je me débarrasse de vieilles peaux qui ne sont plus (l’ont-elles d’ailleurs jamais été ?)…
    J’ai alors décidé de changer d’angle de vue et d’au contraire me focaliser sur tout ce que j’ai fait tout au long de ces 12 mois, des petites comme des grandes choses…

    J’ai commencé l’année en disant Oui à la Vie et continué en laissant entrer plein de beau et de bon :)
    Je me suis défendue, parfois en partie seulement, mais je me suis défendue. Et m’être défendue m’a permis d’assurer financièrement.
    J’ai accepté d’enlever mon piercing pour honorer le sens que je lui avais donné.
    J’ai fait un « tour de France » et écrit dans le sable à Saint-Malo.
    J’ai su me reposer quand c’était nécessaire.
    Je suis allée au Japon et aussi à Karma Ling.
    Je suis allée aux Sauvas.
    Je me suis parfois laissée prendre en photo.
    J’ai « fait » mes quatre modules à l’Ecole de Psychologie Biodynamique… en théorie je peux donc intégrer la première année de second cycle.
    J’ai continué à avancer sur le chemin du Lotus… lentement, mais sûrement.
    J’ai trié et rangé des vieux papiers et autres, accepté de laisser partir ce qui n’avait plus de place dans ma vie.
    J’ai participé à la venue parmi nous d’une petite personne magnifique.
    J’ai rompu avec certains vieux mécanismes de fonctionnement et je compte bien m’en débarrasser complètement.
    J’ai tenu bon quand il le fallait vraiment.
    J’ai presque terminé L’Assassin Royal.

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    Faire le point pour avancer

    2011
    12.21

      Faire le point pour avancer d’un pas léger et assuré vers la nouvelle année.
      Regarder en arrière et voir ce que j’ai accompli plutôt que tout ce que je n’ai pas fait, j’y reviendrai plus précisément.
      Ressortir du petit meuble un paquet tout de bleu et or vêtu pour compléter ce point intellectuel d’un tirage en trois cartes avec l’Oracle de la Triade : ce qui a changé pendant la période considérée, ce que je dois laisser derrière moi avec la fin de cette période, ce que je dois au contraire en garder même si elle se termine.

      Carte 1 : 40, Malheur. Si j’avais du répondre à cette question, j’aurais pu y apporter plein de réponses : des changements familiaux, personnels… et je serais passée à côté de ce qui a vraiment fondamentalement changé : je n’étais pas heureuse, je le suis.

      Carte 2 : 27, Doute. J’en suis encore pétrie, je doute, je manque de confiance, je patauge… il est intéressant de constater que bien souvent ce sont deux choses opposées qui en sont à l’origine : une réaction très intellectuelle de type « oui mais » qui me conduit à voir tout ce qui manque, pourrait foirer etc. ou bien une autre réaction très « tripale » qui prend racine dans mon enfance et même bien avant cela. A laisser, donc… j’y travaille.

      Carte 3 : 29, Élévation. Je vois dans cette carte un encouragement à continuer sur ma route, forcément. Je n’aurais pas parlé d’élévation, peut-être plutôt d’allègement, mais sans doute qu’à être plus légère on doit monter un peu dans le même temps. Et j’adore le « S » qui monte, un très joli clin d’oeil qui vient compléter l’association de cette carte aux métiers du bâtiment :D !

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      Pas si sacré

      2011
      12.06

        Ce n’est pas nouveau mais les récents événements font que cette problématique revient au premier plan : le rapport, au mieux ambigu, que j’entretiens avec mon corps.
        D’un côté je me sens très souvent lâchée, abandonnée par lui, il est celui qui fait défaut, qui faillit à la tâche. D’un autre côté, il me faut bien lui reconnaitre son statut de gardien de certaines mémoires – qu’elles soient visibles ou invisibles -  et un côté diablement résistant pour ne pas dire increvable. C’est comme s’il portait toutes mes contradictions en somme.

        Il y avait un miroir dans la salle de bains de la chambre d’hôpital. Un grand miroir. Un dans lequel, quand j’ai enfin pu me lever, j’ai croisé mon reflet. Plus rien à voir avec un corps de femme enceinte, je m’étais transformée en l’une des nanas de Niki de Saint Phalle, version livide. Enflée, la peau dure comme une cuirasse que j’aurais renfilée très vite… Un œdème sur pattes. Les bras, le ventre, tout le corps tellement enflé qu’au sortir de la douche je peux seulement m’essuyer le torse et le ventre, tout doucement pour ne pas réveiller l’hématome.
        Juste avant ça, j’étais confinée au lit. Sûrement aussi enflée, peut-être davantage. Et incapable même de me laver, d’aller aux toilettes. La sonde d’abord, et puis plus tard le bassin. Aussi peu autonome dans les soins à apporter à mon corps que mon fils de quelques jours à l’étage au-dessus. L’horrible dépendance. L’humanité sans faille des personnes qui viennent essuyer les fesses de cette femme de 37 ans impuissante sur son lit. Comme j’ai détesté ce corps trop faible qui m’imposait d’avoir besoin d’assistance.
        Aujourd’hui, je n’ai pas reperdu le poids pris pendant la grossesse, juste celui du bébé et de quelques uns de ses « accessoires ». Neuf mois pour le prendre, neuf mois pour le perdre paraît-il. J’ai désenflé par contre. Je saigne toujours et mon ventre est vide. On dirait malgré tout quand je suis habillée celui d’une femme enceinte de quelques mois. Ca passera, je sais. Je sais aussi que je garderai les nouvelles vergetures venues s’ajouter aux vieilles compagnes, et également ce tablier – taille XL désormais – qui pendouille sur ma culotte, sauf à avoir recours à la chirurgie. Je ne sais pas à quoi ressembleront mes seins après (après… l’allaitement certes, mais surtout après la perte des 15 à 20 kilos de « surpoids ») je pressens qu’ils seront… vides eux aussi. Je ne me reconnais pas vraiment dans la glace. Je sais, pour l’avoir déjà fait, que je vais pouvoir remodeler, muscler, tonifier dès que mon état me permettra de faire du sport. Pour l’heure, je dois faire avec la fatigue et les limites qu’il m’impose une fois de plus.

        D’un côté j’arrive à honorer ce corps, pour ce qu’il a vécu et parfois enduré, pour ces cinq enfants qu’il a accueilli et fait grandir. De l’autre je n’arrive pas à m’y sentir pleinement reliée, à me reconnaitre, moi, quand je le vois.
        Relire Dianne Sylvan et The Body Sacred peut sans doute me faire du bien. Sûrement aussi les témoignages publiés depuis fin août sur Le corps des femmes. Mais je ne sais pas ce qu’il faudrait pour qu’enfin je cesse d’osciller entre haine et presque-amour. Que je ME ressemble dans ce corps de femme.

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        Un mois

        2011
        12.05

          Hier, mon dernier né a eu un mois.
          Je n’ai pas très bien dormi la nuit dernière, revisitant sans le vouloir des sensations, des souvenirs, des images datant d’un mois avant.
          Je ne m’y attendais pas. Certes, je savais qu’il me faudrait revenir sur cette nuit-là, j’étais bien consciente d’être encore loin d’avoir digéré tout ce qu’il s’est passé et tout ce que ça implique mais je ne pensais pas que ça remonterait à la surface aussi rapidement.
          Alors, je m’inquiète un peu pour l’autre mois-niversaire qui approche, comme quoi, la paix que j’ai trouvée est encore toute relative…

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          L’Univers enfonce le clou

          2011
          12.05

            Beaucoup de choses à digérer des circonstances de cette récente naissance, de ce qui s’est joué immédiatement après et des répercussions que cela a eu sur certaines de mes relations.
            Un debriefing nécessaire avec ma thérapeute, pas aussi rapidement que ce dont j’aurais pu avoir besoin, ou que je ne le souhaitais.
            Au terme de la séance d’il y a une semaine, je suis arrivée à une conclusion. J’ai souri deux jours après en les retrouvant presque mot pour mot en page 86 de Psychologies Magazine de décembre : devenir adulte, c’est accepter que ce que nos parents ne nous ont pas donné ne viendra plus. Mais qu’on peut l’obtenir par soi-même, comme un grand. L’Univers qui enfonce le clou.
            Pas de reproches, pas de loyauté mal placée non plus. Ni superhéros, ni monstres. Juste des humains qui, autant que moi, ont fait – et continuent à le faire – ce qu’ils pouvaient comme ils le pouvaient.

            Ca ne dépendait pas que de moi, ça a pris du temps, mais j’ai une famille maintenant. Enfin, « j’ai »… façon de parler. Je fais partie, j’appartiens plutôt. Et ça m’aide à être en paix, à oublier les souffrances et les manques de la petite fille.

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            Healing Art

            2011
            11.29

              Des images plein la tête depuis ces longues nuits d’hôpital.
              Des couleurs, des traits… des choses dont je sais que mes doigts ne les suivront pas comme je le voudrais mais que j’ai besoin de confier au papier.
              Envie de me chouchouter, de me faire plaisir, envie de me promettre que je saurais rester connectée à l’essentiel à partir de maintenant, que je saurais arroser les racines bien plantées en terre et nourrir les branches qui se tendent vers le ciel.
              Reprendre le Creative Goddess e-course de Goddess Leonie, le suivre jusqu’au bout, profiter de ce que je dois prendre le temps de toutes façons et de l’aide que je vais avoir à la maison…
              Ressortir les neo-color, les pinceaux à aquareller, le papier, les feutres à l’eau et les crayons de couleurs ou plus exactement ce que j’ai bien pu penser à emporter avec moi au gîte où je me repose.
              Et aussi, des achats hier : un carnet, des feutres (promarker, touch, pitt pens, tombow), une nouvelle trousse (verte elle aussi) pour de l’art qui guérit.

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              Tout ce qui n’est pas censé être ouvert…

              2011
              11.22

                Inutile de revenir sur la poche des eaux rompue bien avant le temps prévu (alors que j’ai toujours accouché pile poil à terme), sur le travail qui ne se déclenche ni spontanément ni avec un peu d’aide (relative, car utérus cicatriciel, tout de même).
                J’ai accepté et j’accepte cette seconde césarienne: toutes les cartes à jouer avant d’en arriver là l’ont été, pas d’amertume, pas de regret, pas de « si seulement »…
                Pourquoi a-t-il fallu en arriver là, pourquoi cette césarienne alors qu’après deux voies basses je pensais cette page définitivement tournée, je n’en sais rien et je doute d’avoir un jour la réponse. Réponse qui d’ailleurs ne m’importe pas plus que ça : je n’ai pas besoin de comprendre pour être en paix.
                Une petite voix me souffle tout au fond de moi qu’il fallait de toutes façons qu’il en soit ainsi, sinon, tout ce qui s’est joué et dénoué juste après n’aurait pas pu l’être. La même petite voix qui me chuchote encore plus doucement que c’était sans doute le seul moyen, certes un tantinet extrême, pour que je touche du doigt certaines choses me concernant. Le temps me dira si cette voix s’affermit ou pas…
                Elle s’est bien passée, cette césarienne, j’ai même plaisanté avec l’obstétricien qui s’extasiait sur ma première cicatrice.
                De cette première fois, j’avais oublié les bras en croix, attachés. Il y a sans doute des choses qu’il vaut mieux oublier.
                C’était une surprise, alors ils ne disent rien du sexe du bébé en le sortant de mon ventre. Je l’entends à peine pleurer, il a l’air tout paisible, il est enveloppé et la première chose qu’on me montre de lui, c’est son sexe. Au temps pour nos intuitions de parents, au temps pour les statistiques aussi : absolument personne tout au long de cette grossesse ne nous aura prédit un bébé de ce sexe-là, mais il faut que je me rende à l’évidence, c’est un petit garçon qui vient agrandir la tribu. Un seul prénom masculin nous était venu pendant la grossesse : à rencontrer enfin ce petit bonhomme, je sais que c’est bel et bien le sien.
                On le tient contre moi, pas longtemps, il fait froid au bloc. Je sens son odeur de bébé, à la fois salée et sucrée mais moins forte que pour mes bébés nés par voie basse. On l’emmène rejoindre son Papa, avec qui il restera en peau à peau le temps que je sorte de la salle de réveil. Tout est prévu pour que si je ne suis moi pas là, ce petit bonhomme ne soit pas livré à la couveuse ou à des soins prodigués par des mains étrangères. Ca aussi, ça m’aide à être sereine quant à cette césarienne : je ne suis pas là, mais son père est là.

                Salle de réveil. Je somnole plus ou moins, c’est que je n’ai pas dormi ou si peu depuis près de 48 heures. J’ai soif. L’anesthésiste lit dans mes pensées ou dans mon mouvement de langue sur mes lèvres sèches et me propose un peu d’eau. Je bois. Et je vomis peu après. Le froid. J’avais eu l’expérience en thérapie de ce grand froid venu des os que rien ne réchauffe. C’est presque pareil là : un froid terrible, qui prend toute la place, un froid qui ronge. On me réchauffe à coup de soufflerie sous les couvertures. Je grelotte. Des coups de fil sont passés, j’entends l’anesthésiste dire à la sage-femme qu’E. a dit qu’il fallait commencer le protocole hémorragie.
                Uh oh, ça sent pas bon ça, fait la petite voix dans ma tête.
                Impossible de bouger, à peine l’énergie de parler, je suis à la fois là et pas là et l’équilibre est fragile. Rester consciente.
                C’est pas possible, les pertes pendant la césarienne n’expliquent pas ça.
                Ok, donc ça saigne et ils ne savent pas où.
                Un coup d’échographie, rien dans l’utérus qui est « sec ». Tout part sans doute à l’intérieur puisque nulle part on ne voit quelque chose. Rétro-péritoine.
                Les poches arrivent pour la transfusion. Le SAMU est en route aussi pour me transférer au CHU en vue d’une embolisation. J’arrive à peine à dire que j’ai bien entendu et compris tout ce qu’on m’explique. C’est quelque chose qui me frappera d’ailleurs tout au long : même dans l’urgence du moment, toujours on s’adressera à moi pour me dire ce qu’il se passe, ce qu’on est en train de faire.
                Mon bébé et son Papa descendent en salle de réveil.
                Là, ça pue vraiment, elle fait la petite voix dans ma tête.
                Ca sent le « on sait pas si on vous la ramène, hein, alors aucazou hein… », elle rajoute.
                Un moment à trois trop court, un où on est clairement tous les deux complètement flippés mais où personne ne dira rien parce que ça ne servirait à rien d’autre qu’à donner corps à ce qu’on ne veut pas voir arriver.
                L’équipe du SAMU arrive, ils se présentent, on se croirait presque dans un salon mondain.
                Passage du lit maternité qui ne se baisse pas plus que ça jusqu’au brancard. C’est pas que ça me fasse mal, mais ça brasse terriblement. Jamais d’ailleurs je n’aurais mal. D’une certaine façon j’aurais préféré, il m’aurait été plus facile de me sentir encore vivante si j’avais eu mal quelque part à la place de ce brouillard cotonneux que je sens partout.
                Les plafonds des couloirs défilent jusqu’au camion du SAMU. Le plafond du camion que je verrai tout le long. Ils discutent, téléphonent. C’est la première fois que je monte dans un camion du SAMU. Le chauffeur doit ralentir le temps de poser une nouvelle voie. Hemocue. Pas exactement le résultat attendu. Les trois voix se superposent, j’essaie de rester attentive à ce qu’il se dit. Me rappeler qu’on est dans la nuit de vendredi à samedi, que vendredi on était le 4 novembre, que mon fils est né à 22h18, que je suis dans le camion du SAMU.
                Elle a une famille.
                Ca me glace en même temps que ça me fait du bien. Une petite phrase qui veut à la fois dire que ça va mal mais aussi qu’eux feront tout ce qu’ils peuvent.
                Ca pisse quelque part à l’intérieur, le but du jeu c’est si possible de compenser les pertes en attendant d’arriver au CHU et là, de colmater les brèches.
                Un nouveau culot passe.
                C’était le mois de février… réminiscence des années 80. Réminiscence à la con. Et puis c’est Achille, pas Jason.
                Du coton un peu partout, engourdie. Le cerveau qui patine. Un nouveau doigt piqué. Hemocue à nouveau.  Encore en baisse.
                C’est rien de dire que j’ai peur. Je ne veux pas… Non, je ne veux même pas me dire ce dont j’ai peur. Si je le dis, ça va arriver. Ce que je veux, plutôt. Rester là, ici maintenant, une minute après l’autre. Garder une oreille sur ce qu’il se dit. Noter qu’ils ont bien conscience de transfuser du O négatif à une personne O positif et que donc ça doit pas être grave que le rhésus soit différent.
                Le bazar qui encombre toujours l’appartement. J’ai pas encore fini de ranger.
                Une litanie de prénoms. Ceux dont je sais qu’ils sont là pour moi, ceux pour qui j’ai envie de rester là. Comme des perles que j’enfile sur un fil solide. Un fil qui me tient. Tout ce qui n’est pas censé être ouvert doit se refermer. Les prénoms. Comme une ancre. Tout ce qui n’est pas censé être ouvert doit se refermer. Je n’ai pas trouvé mieux que ça à répéter. Je ne veux pas prononcer le mot hémorragie de toutes façons. Tout ce qui n’est pas censé être ouvert doit se refermer. Tout ce qui n’est pas censé être ouvert doit se refermer. Tout ce qui n’est pas censé être ouvert doit se refermer.
                Je les entends préparer mon arrivée au CHU. Refaire le point sur la chaîne d’événements jusque là. J’entends, mais je suis loin. J’entends, ça pourrait me concerner ou pas. Mon corps est tellement fatigué. Comme en plomb sur le brancard. Il y a mon corps qui est là, et puis il y a moi et c’est comme si on était deux choses séparées. Dans mon corps, c’est lourd, c’est froid, c’est plein de coton qui assourdit et ralentit tout. Mais moi j’arrive toujours à penser.
                Les prénoms. Tout ce qui n’est pas censé être ouvert doit se refermer. En boucle. Avec toujours le « visuel » qui accompagne.
                Une trentaine de kilomètres pour le transfert. Je ne sais pas combien de répétitions ça fait. Je m’applique à bien refermer visuellement, que les mots ne soient pas que des mots vides de sens à force d’être répétés. Ca tient la peur à distance, enfin, ça m’évite de lui laisser prendre toute la place parce que je le sens bien qu’elle est là, pas bien loin. Mais si je la laisse me pétrifier, je ne fais rien. Et si je ne fais rien, ça va continuer à pisser, à pisser jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien.
                L’autoroute, l’arrivée en ville avec les lumières que je devine plus que je ne les vois.
                On passe le long des quais et puis on arrive au CHU. D’autres couloirs interminables après le froid de dehors que je sens comme une curiosité du petit matin. Des ascenseurs.
                Il paraît que mon état est maintenant assez stable pour prendre le temps d’un scanner. Dans ma tête, j’arrive encore à faire des phrases. Pas en vrai. Encore une fois, mon corps qui me lâche. Trop compliqué, trop dur, pas assez de souffle pour parler. Mais l’infirmier comprend ce que j’essaie de dire avec mes deux mots et me rassure en me disant que le scanner n’est pas fermé et que ça va aller et qu’ils sont juste à côté et qu’ils peuvent me parler si j’en ai besoin.
                Ca a saigné.
                Beaucoup.
                Assez pour former un « bel hématome ».
                Ca a saigné.
                Ca ne saigne plus, pour le moment.
                Tout ce qui n’est pas censé être ouvert s’est refermé ?
                On est le 5. Faut que je pense à payer le loyer.

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                Life, not stuff

                2011
                07.30

                  Le mois de juillet n’est pas de tout repos par ici. Mon processus thérapeutique (mais pas que) suit son cours et il est parfois beaucoup plus mouvementé que ce que j’aimerais, surtout en ces temps de grossesse. Je suppose que de toutes façons rien n’arrive qu’il ne soit temps pour moi d’affronter et auquel je ne sois capable de faire face, même si je peux parfois penser le contraire quand je suis découragée de devoir cent fois sur le métier remettre mon ouvrage…

                  En novembre dernier, lorsque j’ai emménagé dans l’appartement que j’occupe actuellement, j’ai laissé beaucoup de choses stockées dans mon ancienne maison : le père de mes enfants ne voyait aucun inconvénient à ce que la grande majorité de mes affaires reste en l’état dans le bureau, le temps que je sois pleinement disponible pour trier et vider la pièce en question. Il a finalement décidé au printemps de faire des travaux dans la maison, pour la réalisation desquels il est devenu nécessaire que je récupère enfin ce qui m’appartenait. Les travaux étant prévus en juillet, le nécessaire si longtemps procrastiné est devenu urgent. Ma grossesse a contribué à ce que cette tâche de tri, encartonnage et déménagement ne soit pas facile pour moi : physiquement, je vois bien combien mon corps n’est plus celui d’il y a six ans (et déjà, il y a six ans, je constatais la différence avec mes deux grossesses précédentes !) et que j’ai moins de ressources qu’avant. Outre la difficulté physique, j’ai du faire face au fait que mon deuil de certaines choses était encore en cours, contrairement à ce que je voulais bien (me faire) croire : retomber sur des papiers d’avant, des témoins d’un autre temps, d’espoirs déçus, d’attentes, de moments joyeux aussi puisqu’il y en a eu, m’a obligée à boucler des boucles quant à mon mariage, la relation d’avant avec le père de mes trois enfants, qui j’étais ou qui j’évitais d’être… J’ai réussi à jeter des choses qui pourtant me suivaient depuis de nombreux déménagements : des cours de maîtrise, des cours de mon DULCO. Je ne sais pas trop pourquoi jusque là j’avais été incapable de les jeter, mais là, je l’ai enfin fait. Je n’avais pas prévu que j’aurais à affronter l’ambivalence dans laquelle cette opération de tri et de délestage m’a plongée : à la fois un grand sentiment d’euphorie et de liberté, non sans lien avec la place ainsi libérée physiquement, mais aussi une énorme tristesse sur laquelle je n’ai pas encore réussi à mettre tous les mots. Peut-être de la nostalgie, de la peine aussi pour celle que j’étais et ce qu’elle a vécu toutes ces années en arrière. Comme il était urgent de vider le bureau, je n’ai pas eu le temps de tout trier là-bas et j’ai fini par encartonner en vrac et par tout stocker dans la chambre de mes deux petits de façon à enlever mes affaires à temps pour les travaux. Depuis je trie. Ou plutôt, je suis supposée trier, mais je me heurte à de nombreuses résistances. Intellectuellement, je sais que certains documents, magazines, livres etc. non relus ou réouverts depuis des lustres ne sont pas à garder, pas même pour la valeur sentimentale puisque bien souvent ils n’en ont pas. Pourtant je n’arrive pas à les jeter. Comme si les jeter signifiait jeter une part de moi-même en même temps. Je ne sais pas pourquoi je suis ainsi accrochée à ces choses quand dans le même temps j’ai une furieuse envie de place, de légèreté, de simplicité, de désencombrement, d’organisation comme en témoignent mes surfs récents et mes relectures de ces derniers jours. Je dois faire face à mes paradoxes et contradictions et je dois dire que c’est tout sauf facile. Sans aucun doute, sortirai-je grandie et apaisée de ces temps de bouillonnement intérieurs, mais en attendant de savoir quelle place physique laisser au passé dans mon nouveau chez-moi, reflet sans nul doute de ma façon d’intégrer le passé au présent et témoin de ma confiance (ou manque de !) en la Vie, c’est la tempête. Comme le hasard n’existe pas, je suis de fil (de souris) en aiguille retombée sur ce billet écrit par Leo Babauta (qui lui aussi met en pratique* GTD – Getting Things Done – de David Allen, toujours pas de hasard) en juillet 2009 dont je garde précieusement en tête les dernières lignes : Realize that life, not stuff, is what matters. Objects are just objects — if you lose them, if they get stolen or destroyed … it’s not a big deal. They’re just objects — not your life. Your life is the series of moments that is steaming through your consciousness right now, and how you use those moments and what you fill them with is what truly matters, not what you fill your home with. At the end of this short journey, you’ll look back and remember your experiences, the people you loved and who loved you back, the things you did and didn’t do. Not the stuff you had.
                  En laissant aller toutes ces choses pour ne garder de la place que pour ce et ceux qui comptent, sans nul doute pourrais-je moi aussi créer mon Goddess Haven :) .

                  *My GTD implementation
                  Beginner’s Guide to GTD

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                  Il y a une semaine…

                  2011
                  07.24

                    … après en avoir repoussé l’achat depuis plusieurs mois pour cause de finances insuffisantes, nous avons enfin pu acheter nos armoires.
                    Grand chambardement dans la chambre donc et grande opération de tri & rangement. Cela a été très rapide pour mon Compagnon, un peu moins pour moi (d’ailleurs, le processus de tri & rangement est encore en cours) mais même s’il subsiste des points chauds* notre chambre a désormais une allure bien plus agréable à l’oeil. Sans compter que l’ambiance qui y règne s’est grandement améliorée et est désormais beaucoup plus propice au repos (et à la méditation).
                    J’ai du déplacer mon autel contre le mur opposé pour faire de la place aux deux grandes armoires, une belle occasion pour renouer avec lui et commencer à réintégrer à mes routines** quotidiennes le soin et l’attention que j’ai envie de lui porter.
                    J’ai également récupéré le meuble qui servait jusque là à mon Compagnon à ranger ses vêtements et je m’en sers à présent pour ranger mes encens, tarots et autres « trucs de sorcière ». Je suis contente d’avoir cet espace plus grand à ma disposition pour tout mettre en ordre et cela me permet aussi de conserver mes documents plus intimes (le classeur contenant les cours et mes réflexions dans le cadre de Dea Mystica par exemple) ailleurs que dans la bibliothèque de la pièce principale. Je sens mon autel beaucoup mieux intégré à cet emplacement, ainsi lové entre le meuble et le décrochement il gagne en intimité et est de surcroît protégé des regards « en passant ». Je suis vraiment satisfaite de cette nouvelle disposition et je travaille à terminer les nappes d’autel en cours et à réorganiser ce que je souhaite disposer dessus : il est grand temps qu’il évolue me semble-t-il !
                    Une visite à Karma Ling mercredi dernier a été pour moi l’occasion de m’offrir deux beaux cadeaux : un zafu (depuis de nombreuses années, je projette de m’en coudre un – j’avais même en 2006 sur un autre blog listé les liens et ressources en vue de concrétiser ce projet – et je me suis dit que si je continuais à procrastiner ainsi je n’aurais jamais de zafu, alors que c’est indéniablement un plus dans ma pratique de la méditation (probablement un héritage du temps où je pratiquais zazen)) et un ouvrage consacré à Tara dont je parlerai dans un autre billet.

                    * Points chauds : ces surfaces – planes le plus souvent :) – sur lesquelles s’entassent au fil des jours mille et une bricoles parce que c’est ô combien plus patique, facile de les laisser là plutôt que de les (re)mettre à leur place, quand elles en ont une….
                    Le dessus de la commode constitue par exemple un point chaud dans notre chambre (essentiellement de mon fait).

                    ** Encore un héritage du temps fort lointain où j’étais une flybaby et où j’écrivais la Chronique d’une bordélique anonyme mais maniaque dans un journal de parents :) . Une routine est un outil organisationnel aussi intéressant que fort utile qui consiste en une suite de tâches que l’on fait systématiquement, sans y réfléchir (sauf au début :) !) et qui contribue notamment au maintien à distance du bordbazar dans la maison. Par exemple, une routine du matin simplifiée peut être : je me lève, j’aère, je m’habille, je prends mon petit déjeûner, je nettoie la table du petit déjeûner, je fais mon lit, je médite.
                    (Les vraies bordéliques / désorganisées s’il y en a qui me lisent comprendront à quel point on peut avoir besoin de simplement s’asseoir pour écrire cette suite de tâches qui peut sembler si évidente / naturelle à d’autres…)
                    J’ai bien envie, à la réflexion, de revenir sur cette histoire de points chauds, de routines et autres dans un billet à part (et le fait que je sois en ce moment à la maison à plein temps et donc en capacité de reprendre les choses en mains et avec la volonté de le faire, explique sans doute cette envie…).

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                    Grimoire, mon beau grimoire…

                    2011
                    07.03

                      Le billet de Lyra (oui encore un) que je découvre aujourd’hui me fait sourire car il s’y trouve comme un écho à mes préoccupations du moment. J’ai envie de mettre à profit, enfin, mon temps bientôt libre pour concrétiser mon projet de grimoire. Un livre, un vrai, écrit à la main, encré, relié… un que j’aurais fabriqué de A à Z. Qu’on ne se méprenne pas : j’aime mon Livre des Ombres actuel, mais je m’en sens de moins en moins proche. Il est propre, sans ratures, sans loupés, il est est protégé au cas où (sauf qu’à part pour la création de mon collier, je n’ai presque jamais ritualisé) et cela me satisfait de moins en moins.

                      L’envie monte de plus en plus pressante de quelque chose qui serait plus connecté, plus étroitement en lien avec moi que mon classeur actuel. Signe que peut-être, enfin, j’arrête de me cacher à moi-même…

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                      OTT ~ Intérieur et extérieur… la croix

                      2011
                      07.03

                        Envie d’un tirage ce matin, avec ce jeu-là précisément à cause de mutations et changements…

                        Carte 1 – La première carte est placée au début de la ligne horizontale – et représente des évènements et circonstances récentes de votre vie. Elle peut aussi représenter les influences extérieures qui vous affectent ou votre question – et dont vous n´êtes pas totalement conscient.

                        OTT32 : Au-delà de la petite famille« Personne n’est ma mère… »

                        Lorsqu’il n’y a ni passé ni avenir alors seulement la paix est là. Futur veut dire aspiration, accomplissement, but, ambition, désir. Vous ne pouvez pas être ici et maintenant, vous courez en permanence après quelque chose, ailleurs. L’on doit être totalement présent à l’instant présent, alors la paix est là. À partir de cela la vie se renouvelle, car elle ne connaît qu’un seul temps et c’est le présent.

                        Le passé est la mort, le futur n’est qu’une projection d’un passé déjà mort. Que pouvez-vous imaginer de l’avenir ? Vous pensez en termes de passé, c’est ce que vous connaissez et vous le projetez; en mieux bien sûr. C’est plus beau, mieux décoré, toutes les douleurs ont été éliminées et seuls les plaisirs ont été choisis; mais c’est le passé.

                        Le passé n’existe pas, le futur non plus, seul le présent existe. Être dans le présent c’est être vivant, intensément et c’est cela le renouveau.

                        Jésus était enfant; son père et sa mère se rendirent au grand Temple pour la fête annuelle. Jésus se perdit dans la foule et ses parents ne le retrouvèrent qu’à la nuit tombante. Il était assis avec quelques docteurs, lui, un enfant, il discutait avec eux de sujets religieux. Son père lui dit: « Jésus que fais-tu ici ? Nous nous sommes fait du souci à ton sujet ».

                        Jésus répondit: « Ne t’inquiètes pas, je m’occupais des affaires de mon père ».

                        « Je suis ton père ! » s’exclama le père « et quel genre d’affaire traites-tu ici ? Je suis un charpentier ! »

                        Jésus répondit: « Tu n’es pas mon père, mon père est aux cieux ».

                        De même qu’un enfant doit quitter le corps de sa mère, sans quoi il mourrait; il doit sortir de son ventre. Mentalement, il se passe la même chose. Un jour l’enfant doit quitter le giron de ses parents, pas seulement physiquement mais aussi mentalement; pas seulement mentalement mais spirituellement. Et lorsque l’enfant spirituel est né, qu’il a complètement rompu ses liens avec le passé, pour la première fois il devient lui-même, une réalité indépendante, dans sa propre autorité. Avant cela il était un aspect de la mère, du père, de la famille; mais il n’était jamais lui-même.

                        Quoi que vous fassiez, quoi que vous pensiez, quoi que vous décidiez, observez; cela vient-il de vous ou du discours d’un autre ? Et vous serez surpris de découvrir la véritable voix; peut-être est-ce votre mère et vous l’entendez parler à nouveau, peut-être est-ce votre père; ce n’est pas difficile à déceler. Cela reste enregistré là, en vous, exactement comme cela vous a été dit la première fois; le conseil, l’ordre, le règlement, le commandement.

                        Vous pouvez retrouver de nombreuses personnes; les prêtres, les éducateurs, les amis, les voisins, les parents. Ce n’est pas la peine de lutter, il suffit de savoir qu’il ne s’agit pas de votre propre voix mais de celle d’un autre, qui que ce soit; vous savez que vous n’allez pas lui obéir. Quelles qu’en soient les conséquences, vous décidez maintenant d’agir par vous-même, vous décidez d’être adulte. Vous êtes suffisamment resté enfant, vous êtes suffisamment resté dépendant. Vous avez suffisamment écouté toutes ces voix et leur avez obéi. Et où vous ont-elles conduits ? Au gâchis.

                        Ainsi, dès que vous comprenez à qui appartient la voix, dites-lui adieu… car la personne qui vous parlait n’était pas votre ennemi. Son intention n’était pas mauvaise, mais peu import l’intention, la question est qu’elle vous imposait quelque chose qui ne venait pas de votre propre source intérieure ; et tout ce qui vient de l’extérieur fait de vous un esclave psychologique.

                        Seule votre propre voix vous guidera vers l’épanouissement, vers la liberté.

                        Carte 2 – La deuxième carte est placée à la fin de la ligne horizontale et représente soit la direction que prennent les évènements extérieurs – ou les influences extérieures dont vous êtes conscient.

                        OTT43 : Le mentalL’arbre magique qui réalise tous les vœux

                        Le penseur est créateur avec ses pensées; c’est une des vérités les plus fondamentales à être compris. Tout ce que vous éprouvez est votre création. D’abord vous le créez, ensuite vous l’éprouvez puis vous êtes enfermé dans l’expérience; car vous ne savez pas que la source de tout existe en vous.

                        Un jour, un homme était en voyage et par hasard il arriva au paradis. Dans la conception indienne du paradis, il y a des arbres qui accomplissent tous les vœux, Kalpatarus. Vous vous asseyez sous l’un d’eux, le temps de désirer quelque chose et immédiatement votre souhait se réalise; il n’y a pas d’intervalle entre le désir et son accomplissement. Vous pensez et immédiatement cela est créé ; la pensée se réalise automatiquement. Ces Kalpatarus ne sont rien d’autre que le symbole du mental. Le mental est créatif, créatif avec ses pensées.

                        L’homme était fatigué et il s’endormit sous un arbre magique. Lorsqu’il s’éveilla il avait très faim. « J’aimerais bien trouver quelque nourriture » et immédiatement, venue de nulle part et flottant dans les airs, une nourriture apparut, une délicieuse nourriture; il se mit aussitôt à manger. Une fois rassasié, une autre pensée lui vint; « Si seulement je pouvais avoir quelque chose à boire… » et comme la prohibition n’existe pas au paradis, immédiatement un vin délicieux apparut.

                        En buvant son vin dans la fraîche brise du paradis, à l’ombre de l’arbre, il commença à s’interroger: « Qu’est-ce qui se passe ? Suis-je en train de rêver ou y a t’il des fantômes autour de moi qui me jouent des tours ? » … et les fantômes apparurent ! Ils étaient féroces, horribles, écoeurants. Il se mit à trembler et une pensée lui traversa l’esprit: « Je suis sur que je vais être tué, ils vont m’assassiner » et il le fut.

                        Cette ancienne parabole a une profonde signification. Votre mental est l’arbre qui réalise tous les vœux; quel que soit votre souhait, tôt ou tard il se réalisera. Parfois l’intervalle est tel que vous avez complètement oublié que vous aviez souhaité cela. Parfois plusieurs années ou même plusieurs vies et il n’est plus possible de faire le lien avec la source. Mais si vous regardez de plus près vous découvrirez que toutes vos pensées vous créent, vous et votre vie. Elles créent votre enfer et elles créent votre paradis, elles créent votre malheur et elles créent votre joie, elles créent le négatif et le positif. Chacun est un magicien, filant et tissant autour de lui un monde magique… puis il s’y trouve pris, l’araignée elle-même est prise dans sa propre toile.

                        Une fois que l’on a compris cela les choses commencent à changer. Alors vous pouvez vous amuser et changer votre enfer en paradis; il s’agit juste de le peindre avec un point de vue différent. Mais si vous adorez tellement la souffrance vous pouvez en créer autant que vous voulez, pour votre satisfaction, mais alors ne vous plaignez pas car vous savez que c’est votre création, c’est votre tableau et vous ne pouvez en rendre personne responsable.

                        C’est votre entière responsabilité. C’est alors que survient une nouvelle possibilité; vous pouvez cesser de créer le monde. Il n’est pas nécessaire de créer le ciel et l’enfer, il n’est pas nécessaire de créer du tout. Le créateur peut se détendre, se retirer.

                        Se retirer du mental, c’est la méditation.

                        Carte 3 – La troisième carte est placée au pied de la croix et représente les influences intérieures ou qualitiés dont vous n´êtes pas vraiment conscient – en d’autres termes – les graines de transformation qui se preparent à prendre racine en vous.

                        OTT02 : La communionL’Harmonie intérieure et extérieure

                        L’homme vit comme une île et c’est de là que vient toute la misère. Tout au long des siècles, l’homme a essayé de vivre indépendamment de l’existence; ce qui n’est pas possible dans la vraie nature des choses. L’homme ne peut être ni indépendant, ni dépendant. L’existence est un état d’interdépendance; tout dépend de tout. Il n’y a aucune hiérarchie, personne n’est inférieur et personne n’est supérieur. L’existence est une communion, une affaire d’amour éternelle.

                        Mais l’idée que l’homme doit être plus haut, supérieur, spécial, crée le problème. L’homme doit être rien, l’homme doit se dissoudre dans la totalité de choses. Et lorsque nous laissons tomber toutes les barrières, l’harmonie arrive et cette harmonie est une bénédiction. Être un avec le Tout est tout. C’est l’essence même de l’esprit religieux.

                        Héraclite dit: »Cela ne serait pas mieux si les choses arrivaient aux hommes comme ils le souhaitent. À moins que vous n’attendiez l’inattendu vous ne trouverez jamais la vérité, car elle est difficile à découvrir et difficile à atteindre. La nature aime se cacher. Le dieu dont l’oracle est à Delphes ne parle, ni ne se tait; mais donne des signes ».

                        L’existence ne parle aucune langue… et si vous dépendez de la langue il ne peut y avoir aucune communication avec l’existence. L’existence est un mystère, vous ne pouvez pas l’interpréter. Si vous interprétez, vous manquez la cible. L’existence peut être vécue, mais pas pensée. Elle est plutôt comme de la poésie, que comme de la philosophie. Elle est un signe, elle est une porte, elle montre, mais ne dit rien.

                        À travers le mental, il n’y a aucune possibilité d’approcher l’existence. Si vous y pensez, vous pouvez continuer à penser et à penser, à propos de ceci, de cela, mais vous ne l’atteindrez jamais; parce que penser est précisément la barrière. La pensée est un monde privé, elle vous appartient; alors vous êtes enfermé, encapsulé, emprisonné en vous-même. Sans pensée, vous n’êtes plus; vous n’êtes plus enfermé. Vous vous ouvrez, vous devenez poreux, l’existence coule en vous et vous coulez dans l’existence.

                        Apprenez à écouter; écouter signifie que vous êtes ouvert, vulnérable, réceptif, mais qu’en aucune façon vous pensez. La pensée est une action positive, l’écoute est passivité; vous devenez comme une vallée et recevez; vous devenez comme un utérus et vous recevez. Si vous pouvez écouter, alors la nature parle, mais ce n’est pas une langue. La nature n’utilise pas de mots. Qu’utilise-t-elle alors ? Héraclite dit qu’elle utilise des signes. Une fleur est là; quel est le signe en elle ? Elle ne dit rien; mais pouvez-vous vraiment dire qu’elle ne dit rien ? Elle dit beaucoup, mais elle n’utilise pas de mots, un message muet.

                        Pour entendre le « sans mot », vous devrez devenir « muet », parce que seul le semblable peut entendre le semblable, seul le semblable peut établir une relation avec le semblable.

                        Assis près d’une fleur, ne soyez pas une personne, soyez une fleur. Assis près de l’arbre, ne soyez pas une personne, soyez l’arbre. Vous baignant dans une rivière, ne soyez pas un homme, soyez la rivière. Alors vous recevrez des millions de signes et ce n’est pas une communication, c’est une communion. Alors la nature parle, parle des milliers de langues, mais pas à travers un langage.

                        Carte 4 – La quatrième carte est placée en haut – et indique la direction de croissance de votre conscience intérieure – ou de nouveau niveau de compréhension qui vous deviennent maintenant disponibles

                        OTT37 : Les portes du cielLa fierté du Samouraï

                        Le paradis et l’enfer ne sont pas des lieux géographiques, ils sont psychologiques, ils sont votre psychologie. Le paradis et l’enfer ne se situent pas à la fin de votre vie, ils sont ici et maintenant. A chaque instant la porte s’ouvre, à chaque instant vous hésitez entre paradis et enfer. C’est une question d’instant en instant, c’est une question d’urgence; d’un instant à l’autre vous pouvez passer de l’enfer au paradis et du paradis à l’enfer.

                        Le paradis et l’enfer sont en vous; leurs portes sont très proches l’une de l’autre; avec la main droite vous pouvez en ouvrir une et avec la main gauche vous pouvez en ouvrir une autre. D’un simple changement du mental, votre être est transformé et vous passez de l’enfer au paradis et du paradis à l’enfer. Chaque fois que vous agissez inconsciemment, sans vigilance, vous êtes en enfer; chaque fois que vous êtes alerte et agissez en pleine conscience, vous êtes au paradis.

                        Lorsque soudain Hakuin lui dit: « Voici la porte, tu l’as déjà ouverte ». La situation même a du créer la vigilance.

                        Un instant de plus et Hakuin était décapité, un instant de plus et sa tête était séparée de son corps; Hakuin ajouta: « Voici la porte de l’enfer ». Ce n’est pas une réponse philosophique, aucun maître ne répond de manière philosophique. La philosophie n’existe que pour le mental médiocre et non éveillé. Le maître répond, mais la réponse n’est pas verbale, elle est totale. Que cet homme ait pu le tuer n’est pas la question. « Si tu me tues et que cela te rende conscient, cela vaut la peine ». Hakuin jouait le jeu.

                        Voilà ce qui a dû arriver au guerrier; stoppé dans son élan, l’épée à la main avec Hakuin face à lui, les yeux d’Hakuin riaient, son visage souriait et la porte du paradis s’ouvrit. Il réalisa, l’épée rentra dans le fourreau. Alors qu’il remettait l’épée dans le fourreau il devait être totalement silencieux, en paix. La colère avait disparu, l’énergie de la colère était devenue silencieuse.

                        Si vous vous éveillez soudain, au beau milieu d’une colère, vous allez ressentir une paix que vous n’avez jamais ressentie auparavant. L’énergie circulait et soudain elle s’arrête; vous trouvez le silence, le silence immédiat. Vous plongerez dans votre être intérieur et le plongeon est si soudain que vous devenez conscient. Il ne s’agit pas d’une chute lente, c’est si soudain que vous ne pouvez pas rester inconscient. Vous ne pouvez rester inconscient que dans la routine, dans ce qui est progressif; vous bougez si lentement que vous ne sentez pas le mouvement. Ce fut un mouvement soudain; de l’action à la non action, de la pensée à la non pensée, du mental au non mental.

                        Alors que l’épée rentrait dans son fourreau, le guerrier réalisa et Hakuin dit: « Ici s’ouvre la porte du paradis ». Le silence est la porte, la paix intérieure est la porte, l’amour et la compassion sont les portes.

                        Carte 5 – La dernière carte est placée au centre – et représente la clé d´intégration des plans horizontal et vertical de votre vie. Elle peut aussi symboliser la compréhension intérieure sur laquelle il est important que vous travailliez en ce moment.

                        OTT 25 : La lumière sur le chemin

                        OTT 25 : La lumière sur le chemin

                        Le philosophe, le mystique et l’orage

                        Un éclair n’illumine pas votre chemin, il ne remplacera pas une lampe dans votre main; il vous donne seulement un flash, une vision fugitive de la route devant vous. Mais cet unique aperçu est très précieux; maintenant vos pas sont assurés, votre volonté est forte, maintenant votre résolution d’atteindre votre destination est renforcée. Vous avez vu la route, vous savez qu’elle est là et vous n’errez pas sans but.

                        Un éclair et vous avez un aperçu de la route sur laquelle vous devez voyager ainsi que du temple, la destination de votre voyage.

                        J’ai entendu parler de deux hommes qui s’étaient perdus dans une forêt par une nuit noire. Un des hommes était un philosophe et l’autre était un mystique. C’était une forêt très dangereuse, très dense, obscure et pleine d’animaux sauvages. Un orage éclata soudain, les nuages s’éventrèrent, il y eut un gigantesque éclair.

                        Le philosophe regarda le ciel, le mystique regarda le chemin. Au moment de l’éclair le chemin s’illumina devant eux. Le philosophe regarda l’éclair et se demanda: « Qu’arrive t-il ? » et il manqua le chemin.

                        Vous êtes perdu dans une forêt plus dense que celle de l’histoire. La nuit est plus sombre, parfois un éclair luit, regardez le chemin.

                        Un Tchuang Tzu est l’éclair, Bouddha est l’éclair, je suis l’éclair. Ne me regardez pas, regardez le chemin; si vous me regardez vous avez déjà perdu, parce que l’éclair ne continuera pas. Il ne dure qu’un instant et l’instant est rare où l’éternité pénètre le temps; c’est comme un éclair.

                        Si vous regardez l’éclair, si vous regardez un bouddha et un bouddha est superbe, son visage fascine, ses yeux sont magnétiques; si vous regardez un bouddha, vous avez manqué le chemin. Regardez le chemin, oubliez le bouddha.

                        Regardez le chemin et faites quelque chose, suivez le chemin, agissez. La pensée ne vous guidera pas, seulement l’action, car la pensée se passe dans la tête. Cela ne peut jamais être total; ce n’est total que lorsque vous agissez. Intéressez-vous à la vie ! La vie est la seule chose réelle. Ne continuez pas à vous informer sur ce qu’est la méditation. Méditez ! Ne continuez pas à vous informer sur ce qu’est la danse; il y a des encyclopédies sur la danse, mais tout cela ne veut rien dire si vous ne dansez pas.

                        Jetez toutes ces encyclopédies ! Désencombrez-vous du savoir et commencez à vivre et lorsque vous commencez à vivre, alors les choses les plus ordinaires se transforment en beautés extraordinaires. Juste de petites choses, la vie consiste en petites choses; mais lorsque vous y apportez la qualité d’un amour intense et passionné, elles sont transformées, elles deviennent lumineuses.

                        Première carte, première phrase : « personne n’est ma mère ». Et un « oh putain » grossièrement lâché de ce côté-ci de l’écran. Une petite phrase qui résonne très fort avec tout ce qui se joue pour moi depuis début mai et le module sur la mère que j’ai suivi dans le cadre de ma formation à l’EPB. Je n’ai pas de mère, personne nesdt ma mère. Des attentes dont je me libère et effectivement, MA voie (ma voix ?) MON chemin qui se dessinent sous mes pieds.

                        Ca continue à brasser avec la seconde carte, parce qu’effectivement, ces derniers jours je suis confrontée très fort à ce que je créée pour moi, en moi et par ricochet pour ceux qui m’entourent. Un écho du passé sur un lit d’hôpital avec tout ce que j’ai créé à ce moment-là. Et une envie de prendre le temps pour me retirer, pour changer de pinceau, de couleurs. Ce qui se traduit aussi par mes destinations de surf récentes qui visent à nourrir cet autre regard, ce point de vue différent. Pour que la réalité soit plus belle.

                        Je n’ai pas envie de m’attarder davantage sur les cartes suivantes, sans doute parce que l’ensemble de ce tirage est à la fois parlant et troublant et qu’il serait aussi redondant que superflu de rajouter des mots. Visuellement, j’aime beaucoup moins  l’Osho Transformation Tarot que l’Osho Zen Tarot, mais je suis tout autant bluffée par ce que les cartes me soufflent.

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                        Sang

                        2011
                        06.19

                          J’en ai déjà parlé sur ce blog ou sur Blissfully…, j’ai à plusieurs reprises travaillé avec le sang de mes lunes.
                          Ceci explique sans doute que le billet de Lyra m’ait tout particulièrement interpellée.

                          Je suis sensible à ce qu’elle dit sur le fait que le sang des menstrues est un sang moribond, sans vie, un sang de purification et de nettoyage. Malgré cela, j’ai trouvé parlant et significatif pour moi de vouloir travailler avec ce sang-là, celui qui contient ce qui in fine « n’a pas nourri la vie ».
                          Que j’aie été attirée par le fait de travailler avec le sang de mes règles, contrairement à Lyra, tient sans doute à l’usage que nous faisons l’une et l’autre du sang. Pas d’offrande de mon côté, tout au plus un « retour à la terre » et surtout un travail plus créatif que spirituel (même si cette dimension n’est pas absente), une façon de rendre fécond, quoique sur un autre plan, un cycle qui ne l’a pas été.
                          J’avais sans doute un énorme travail de (re)connexion avec le Féminin en moi et peindre ou sculpter en faisant du sang de mes règles un medium à part entière ou un adjuvant a été éminemment réparateur. Je suis heureuse d’avoir trouvé sur mon chemin des ressources m’ayant permis de m’autoriser à aller au bout de cette « envie / intuition ».
                          En lisant les mots de Lyra, je me dis que j’ai sans aucun doute une autre facette du travail avec le sang à explorer, cette fois plus spirituelle que créative et que son post vient probablement me faire un premier signe en ce sens…

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                          EdL – Leçon 05

                          2011
                          06.13

                            Je m’aperçois que dans le tumulte de cette dernière année, je n’ai pas même pas parlé de ma remise de la quatrième leçon de l’Ecole du Lotus (qui s’appelle désormais Dea Mystica, mais l’ancienne appellation est chère à mon coeur)….
                            Quoi qu’il en soit, après des couacs informatiques et des soucis de mail, j’ai enfin pu faire parvenir à bon port mon travail sur la leçon 5, qu’Ishara Labyris, ma mentor, a commenté avec beaucoup de rapidité. Son retour à ce sujet m’a fait énormément de bien, il est arrivé à un moment où j’avais vraiment besoin de bienveillance et d’un regard positif sur moi et ce que je suis capable de faire.
                            J’ai mis du temps à avancer et à boucler cette cinquième leçon. Pas surprenant vu ce qu’il se passait dans ma vie profane en même temps, mais je suis heureuse d’avoir pu et su m’accorder le temps dont j’avais besoin pour aller au bout de cette introduction aux archétypes.
                            Ce travail étant validé, j’ai accès désormais à la leçon 6, dont j’ai téléchargé ce matin avec une grande impatience les documents correspondants. Je les ai parcourus et ce que j’ai lu confirme ma hâte à commencer à explorer le premier archétype de la liste.
                            Sans coïncidence aucune, je vais rencontrer et réparer mon enfant intérieur à un moment où je traverse une période de crise avec mes parents, période qui cristallise toutes les blessures de mon enfance et tout ce malgré quoi j’ai du me construire, tout ce à quoi j’ai du m’adapter pour survivre.

                            Je crois que ça va être rock ‘n roll comme exploration :) !

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                            Gratitude Friday

                            2011
                            06.11

                              Voilà bien longtemps que je n’ai pas participé au Gratitude Friday… envie de me (re)poser, de reprendre le temps d’apprécier.

                              Cette semaine, je suis pleine de gratitude pour…
                              * avoir pu poser ce qui devait l’être, avoir « marché mes paroles ».
                              * mon ventre qui s’arrondit et le bébé que nous avons hier senti bouger de l’extérieur aussi. Moment toujours magique :)
                              * l’expérience qui vient avec l’âge, les peurs dont je me débarrasse, les vieux mécanismes auxquels je fais leur fête
                              * mes trois trolls ô combien épuisants parfois mais qui me font grandir en proportion
                              * sa présence à mes côtés
                              * Sa présence à mes côtés

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                              Stella et le cercle des femmes

                              2011
                              06.07

                                Pas de hasard…
                                …des fils qui s’entremêlent, des vieux thèmes qui ressurgissent, des vieilles envies qui refont surface avec cette fois un timing peut-être plus favorable.

                                De retour d’un week-end nourrissant au cours duquel il y a eu – entre autres – beaucoup de discussion de femmes, je découvre en surfant sur le site des Editions du souffle d’Or que Stella et le cercle des femmes vient tout juste de sortir (un extrait en est disponible au téléchargement sur le site de l’éditeur). Ecrit par Maïtie Trélaün, ce roman d’initiation va trouver sa place sur mes étagères, c’est d’autant plus certain que, bien que ne la connaissant qu’indirectement au travers d’amies qui lui sont plus ou moins proches, j’apprécie énormément tout le travail de Maïtie.

                                Avec la perspective d’une nouvelle parenthèse professionnelle de trois ans, je vais sans doute enfin pouvoir concrétiser l’organisation de cercles de femmes réguliers et je serai vraiment heureuse de proposer des cercles mères-filles. Je garde en effet un souvenir très fort de ma participation au rituel de premières règles de la fille d’une amie très chère; moi-même maman d’une fille (peut-être de deux… réponse fin novembre :) !), je sais que j’aimerais qu’elle soit pareillement entourée et honorée quand sera venu le moment de ses premières lunes.

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