Vocalises…

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    Un nouveau cours de chant hier. Cette fois encore, je constate que dans les (un peu plus) aigus je n’ai aucun repère, aussi bien sonore que corporel. J’ouvre la bouche et le son qui en sort m’échappe complètement, je ne maîtrise rien. Plus bas, je peux jouer avec ma voix : je me trompe parfois, trop haut, trop bas, mais j’entends et j’arrive au final à ajuster. Passé une certaine hauteur, c’est le flou complet: je crois monter, je décroche ou l’inverse. J’ai à développer ma conscience dans cette zone-là.
    Des vocalises, mi o o o. On essaie sur quatre temps, mais le jeu est trop complexe pour moi. Alors on revient à trois temps mi o o. Et puis elle me met au piano. Je joue des bouts de gamme et je chante en même temps (ooo, ououou…). Je sens physiquement ce qu’il se passe quand je chante juste: ma voix, la note au piano qui résonne, vibre. Je sens l’escalier que ma voix emprunte, la marche qu’elle prend pour arriver à la note suivante. Développer ma mémoire corporelle et auditive: quand c’est comme ça en moi, c’est cette note-là qui sort, quand je veux sortir cette note-là, il faut que ça soit comme ça en moi.
    Je repars avec des exercices pour la prochaine fois, à jouer et chanter en même temps. Je vais finir par me remettre au piano je crois :) .
    On retravaille sur le Menuet d’Exaudet. En français cette fois. Je ne vais pas plus loin que la première phrase. Qui va piano, va sano.
    En plaisantant, elle me dit que si ça se trouve, dans une incarnation précédente, j’étais dans une toute autre part du monde, là où la gamme est différente et que ma difficulté à rentrer dans le cadre de la gamme pythagoricienne (Taàri, tu te souviens de cet épisode de Kaamelott sur la quinte juste :) ?!) s’explique peut-être par mes restes de cette existence-là… ça me fait sourire, pas à cause du contenu mais parce que j’adore le naturel avec lequel elle me parle de ce genre de sujets et enchaine juste derrière sur des considérations à propos des commas.
    J’ai l’impression que je chante comme je parle, un peu du nez (et c’est pas juste que j’étais enrhumée hier). Je ne sais pas comment mieux le dire. Il faudra que j’en parle avec elle.
    Je ne sais pas si je « progresse », je ne suis même pas sûre que ça m’intéresse. Ce que je vois en revanche, c’est que je chante plus volontiers, que j’entends mieux, et que ma peur de me « tromper » n’est plus aussi forte face au plaisir que j’ai à essayer de chanter. Et ça, ça vaut de l’or.

    Menuet d’Exaudet

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      Cours de chant hier, une troisième séance. Je lui annonce fièrement que pour la première fois, samedi dernier, j’ai chanté avec des amis. Juste parce que j’en avais envie et que personne ne m’a dit de me taire, que personne n’est mort de m’avoir entendue et que c’était chouette. J’ai aimé son enthousiasme à cette nouvelle, j’ai aimé qu’elle m’encourage, qu’elle me félicite. J’ai aimé qu’elle soit de mon côté, qu’elle s’intéresse à ça, qu’elle soit dans l’humain avant toute chose. Et puis après avoir papoté et fait nos bulles respectives, nous avons attaqué.
      Des vocalises. Sulfateuse (ou le « cheval », comme vous voulez, moi j’aime bien la sulfateuse, souvenir d’enfance). Et comme je n’arrivais pas à tenir le « cheval », on a enchainé sur or a or a or…
      Dans les « un peu aigu » je lui dis que je peine. Elle rigole et me dit que je suis loin d’être au plus loin de ce que je peux faire, que je suis *là* (note sur le piano) alors que je peux aller jusque *là* (note bien plus aigüe sur le piano). Et elle ajoute aussi qu’on va reprendre en montant moins vite. Et ça passe mieux. Et puis elle s’arrête et m’annonce qu’on va chanter. Que les vocalises me font rester dans l’intellectuel, dans l’exercice, dans le « je veux bien faire » et que je n’ai pas besoin de ça, que j’ai besoin d’apprendre à laisser vibrer, à vivre. Et que je vais chanter. Elle farfouille, sort la partition du menuet d’Exaudet, joue la première ligne au piano et c’est parti. Je chante, en français. Cet étang, qui s’étend… Et ça ne passe pas ou mal. Surtout sur le « tang / tend ». Elle me dit d’essayer en anglais et là, pouf, ça va tout de suite mieux (cool et pool, j’y arrive mieux). Sans doute plus facile de chanter en anglais qu’en français (question de mélodie, de champ fréquentiel de la langue (ah, relire les livres de Tomatis !)) et compte tenu de mon histoire, je ne suis pas surprise que ça le soit encore plus pour moi en particulier. J’ai aussi des problèmes avec le rythme: la théorie, ça va bien, mais marquer, tenir le rythme, même basique, je n’y arrive pas. Elle m’a proposé des petits exercices pour ça, basés sur de la kinésiologie. Histoire de faire des ponts entre les deux hémisphères cérébraux. Et ça, à moi la gauchère pas si gauchère, ou la gauchère si gauche, ça me parle. Je me suis toujours sentie coupée en deux, jamais l’un ou jamais l’autre. Et si je comprends maintenant que c’est en lien avec mon frère jumeau, il faut encore que je travaille à réparer ça.
      Vers la fin de la demi-heure, elle me regarde et me dit: « tu vois, là, en fait, maintenant tu pourrais continuer et faire une séance plus longue, c’est super, ça vient ! ». Elle a alors joué le menuet depuis le début, intro et tout et je me suis lancée, juste quand et comme il fallait… pour m’arrêter au premier mot. Elle m’a grondée en rigolant: « mais, pourquoi tu t’arrêtes ?! Tu avais la note, c’était bien, tu étais dedans, ose, chante carrément, n’aie pas peur ! Joue-là cantatrice, vas-y !! ». Pour elle, mon souci principal, ce n’est pas de jouer de ma voix, mais d’oser le faire, de me défaire de ce « tais-toi, tu chantes faux ». Peut-être que je finirai par arriver à la croire.

      Si vous ne connaissez pas, le menuet chanté en français (si je ne me trompe pas, pas de carte son sur ma machine, donc je ne peux pas vérifier) est écoutable (Airs of the 18th Century, Exaudet’s Minuet).

      Enchantée…

      Chant, Danse, Harmonie Corporelle 3 commentaires »

        Second cours de chant vendredi matin. Je crois que je n’avais jusqu’à présent pas vraiment mesuré à quel point j’étais dans le vrai en parlant de trouver ma voix. J’ai pleinement intégré le « tais-toi, tu chantes faux » qu’on me répète depuis toute petite. Si je veux être juste (ah ah ah…), cela fait bien longtemps que cette petite phrase assassine ne m’a plus été adressée: j’ai très vite compris qu’il était malvenu que je tente de chanter. Ce qui fait que même dans cet espace de non jugement, où je viens précisément pour qu’on me guide, me montre, m’explique, m’encourage… je n’arrive pas à sortir ma voix.
        Je suis timide, j’hésite, j’attends de l’approbation. Je suis passive, paralysée. J’ai tellement peur de ne pas arriver à reproduire que je n’habite pas le son, que je suis coincée, ça ne sort pas, ça bloque, ça coince. Les « aaaaaa » de l’autre cours, les « ooo » et « miooooo » de celui-ci sont hésitants, apeurés. A de courts et très rares moments, j’entrevois ce qui pourrait être si je lâchais, si je n’étais plus dans le contrôle, dans la peur. Si je vivais juste. Comme pour la danse en fait. (Et je lorgne sur ce stage d’été avec Sylvie Richard).
        Un à un il va me falloir défaire ces fils qui m’entourent, me ligotent. Retrouver l’amazone en (m)oi me dit ma professeur. Etre une licorne qui envoie le son comme elle pointe sa corne. Dans ce contexte, ce stage-là aussi me parle énormément. Avec l’idée de, peut-être peut-être peut-être, intégrer l’école à la rentrée 2010…

        Vocalises

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          Depuis samedi je repense à des CD de Marie-Louise Aucher qu’une amie m’a offerts il y a un an ou deux peut-être. Trois CD de vocalises. J’ai retourné le bureau aujourd’hui encore (opération commencée la semaine dernière) et j’ai retrouvé le second et le troisième CD. Pas de trace du premier pour le moment, mais je ne désespère pas: il est là quelque part.
          Le facteur m’a apporté deux livres aujourd’hui (et mon banquier va me faire furieusement la tête…). A lire et utiliser sans modération : Le chant sans professeur de Graham Hewitt et Le chant pour les nuls.
          Un voyage en psychophonie qui commence ?

          Psychophonie : interview de Marie-Jo Cardinale
          Eléments d’explication de l’organisation métamérique du corps humain

          Chant…

          Chant 3 commentaires »

            Je suis allée à mon premier cours de chant hier. Et je suis ravie, ravie, ravie. D’abord parce que le courant est bien passé entre la prof et moi et puis parce que j’ai vraiment le sentiment de faire quelque chose d’important pour moi: je le sens dans mon ventre, mon utérus me hurle que c’est boooon (coucou M’J’ ;) !).
            J’entends bien et juste, j’ai une bonne posture « naturelle » (chouette, ça veut dire que je suis bien mieux ancrée qu’il y a quelques années) et je crois qu’en fait il faut juste que je déprogramme plus de 30 ans de « de toutes façons, toi tu chantes faux »… pas simple, mais ça promet d’être une belle aventure. En fait je suis plutôt confiante parce que j’ai bien vu que quand ma voix est portée par celle de la prof, j’y arrive. Et ça me surprend, m’étonne, m’émerveille; il me semble qu’une part de moi a toujours plus ou moins considéré mon cas comme désespéré à ce niveau, quoi que j’aie pu en dire parfois. Et non, mon cas n’est pas désespéré. Ma voix est juste bien cachée et je vais la trouver, l’apprivoiser. Je crois aussi que ce n’est pas un hasard si je peux suivre cette envie seulement maintenant: ce travail de découverte ne pouvait pas se faire tant que je n’avais pas laissé remonter à la surface le souvenir de mon frère.
            Pour le moment, les cours dureront une demie-heure et pas une heure: ça fait trop long pour moi à ce stade et je sentais bien au bout des trente premières minutes que je cafouillais, que je saturais. J’ai aimé qu’elle me propose de commencer « plus court », j’ai aimé les raisons qu’elle a avancé et qui me parlaient.
            J’ai hâte d’être à vendredi prochain !

            Sur ma pile à (re)lire:
            - Trouver sa voix : petit guide pratique de travail vocal, Jacques-Louis Rondeleux (déjà évoqué ici ou )
            - Mettez du « ki » dans votre voix, Philippe-Nicolas Mélot (déjà évoqué )
            - Le guide de la voix, Yves Ormezzano
            - La voix libérée, Yva Barthélémy (à découvrir, juste pour le fun et la culture…)

            C’est fait…

            Chant 4 commentaires »

              … ce vendredi. 9h30. Mon premier cours de chant.
              Dans la série je saute des pas : je viens juste d’appeler S. dont j’ai le numéro depuis une éternité sans jamais avoir senti que c’était le moment de m’en servir.

              La voie vers ma voix

              Chant, Harmonie Corporelle 4 commentaires »

                Je souris en constatant qu’il y a trois ans presque jour pour jour je postais ailleurs un billet expliquant pourquoi je venais d’emprunter à la bibliothèque municipale, un livre de Jacques-Louis Rondeleux intitulé Trouver sa voix : petit guide pratique de travail vocal. Ouvrage que j’ai de façon amusante trouvé à Emmaüs peu de temps après et complètement par hasard, vous savez, celui qui n’existe pas. Je suis franchement amusée en constatant qu’une recherche ici sur le mot clé « voix »  renvoie à ce billet, écrit il y a un an presque jour pour jour. Que se passe-t-il donc pour moi en décembre pour que régulièrement ces questions de voie / voix reviennent faire un tour sur le devant de la scène ? J’ai l’impression d’une respiration cyclique, d’un long souffle… la certitude qu’en creusant dans mon enfance, je trouverai des dates qui ne seraient pas des coïncidences.

                Je n’ai pas exercé ma voix depuis ce dernier billet. Tout au plus ai-je davantage expérimenté le simple plaisir de chanter, essentiellement en voiture et toujours par dessus la musique jouée par le lecteur. Mais c’est déjà un pas immense si l’on considère que le chant ne fait pas partie de mes habitudes, de ma « culture ». En parlant  samedi dernier de tout à fait autre chose avec une amie (numérologie, identité et prénoms si vous voulez tout savoir), elle a mentionné l’ouvrage de Philippe-Nicolas Mélot, Mettez du « ki » dans votre voix. Ouvrage qui m’avait déjà été conseillé ailleurs il y a bientôt trois ans. Ouvrage qu’elle m’a aussi sec ou presque prêté et que j’ai dévoré hier. Et aimé.

                Depuis septembre je repousse le moment de prendre contact avec la professeur de chant dont cette amie m’a donné les coordonnées : pas le moment, trop compliqué logistiquement, pas évident financièrement. Après cette lecture, je sais qu’en janvier je décrocherai mon téléphone pour la rencontrer et que j’arriverai à me débrouiller d’une façon ou d’une autre pour prendre un cours hebdomadaire avec elle, sous réserve que le courant passe bien entre nous. Et je sens mon corps tout entier sourire, s’ouvrir à cette perspective. Cette fois, c’est le bon moment.

                Trouver ma voix

                Chant, Harmonie Corporelle 3 commentaires »

                  … j’ai déjà eu l’occasion ailleurs de m’étonner de ce que de casserole absolue je puisse sans avoir rien fait de particulier arriver à l’occasion à chanter moins faux. Je crois que ça a commencé après la naissance de mon aîné, et depuis j’ai l’impression que je me bonifie (ceci dit, il n’y avait pas la place pour que ça empire, croyez moi !).
                  J’ai même expérimenté il y a très peu de temps une grande première : chanter « juste » une chanson dans son intégralité. Outre la chanson elle-même (Exactly, Amy Steinberg), c’était une expérience assez puissante de me sentir vibrer, résonner en phase. De façon tout à fait inattendue, j’ai remis ça hier, juste une fois faut pas pousser non plus, comme un instant suspendu, hors du temps et presque magique, avec une chanson différente que, cette fois, je ne connaissais pas aussi bien (Tears Dry On Their Own, Amy Winehouse).
                  (Vous croyez que je me spécialise dans les Amy :) ?)
                  Je ne peux m’empêcher de penser que voix et voie sont liées, je crois que ma voix au moins est intimement liée à mon ancrage, à mon positionnement dans le monde / la vie…. je n’ai pas (encore) pris de cours de chant, mais je chante mieux, je résonne mieux…
                  Il y a deux ans (presque jour pour jour…), j’avais emprunté un livre intéressant à la bibliothèque que j’avais juste après – et sans hasard – trouvé à Emmaüs : Trouver sa voix : petit guide pratique de travail vocal, de Louis-Jacquse Rondeleux. J’avais le projet de le mettre en application, et aussi de travailler avec l’aide des CDs d’exercices de vocalises donnés par une amie. Je ne peux m’empêcher de penser que le moment est vraiment venu pour moi de me lancer enfin, d’autant que je ne peux pas ne pas supposer un lien avec le récent « cesser de raisonner pour enfin résonner » : je sens qu’il y a quelque chose pour moi à aller démêler dans cette histoire de souffle, de ki.
                  Je suis tombée (ouille) hier matin sur cette citation extraite de l’ouvrage Mettez du Ki dans votre voix de Philippe-Nicolas Mélot : Lorsque je me suis mis réellement à aimer ma voix avec un « x », j’ai commencé comme par magie à trouver ma voie avec un « e ». Ca m’a amusée de voir que pour moi, la relation est inversée ou quasi : j’ai vraiment l’impression qu’en trouvant ma voie, j’ai trouvé un moyen de me rapprocher de ma voix.