Archive for mars 7th, 2010

Ange gardien


2010
03.07

    Tirage en ligne d’une Carte de l’Enfant Intérieur.

    De la réalité


    2010
    03.07

      Ce billet chez Sarasvatya, ainsi qu’un autre, touchent quelque chose en moi. Une interrogation récurrente sur ce qui est « réel » et ne l’est pas. Sur la question du point de vue dans ces histoires de réalité.

      Michael Harner écrit, dans son article Science, Spirits, and Core Shamanism :

      Another basic implicit principle in shamanism is that there are two realities and that the perception of each depends upon one’s state of consciousness. Therefore, those in the “ordinary state of consciousness” (OSC) perceive only “ordinary reality” (OR). Those in the “shamanic state of consciousness” (SSC) are able to enter into and perceive “nonordinary reality” (NOR). These are both called realities because each is empirically encountered. Each is recognized to have its own forms of knowledge and relevance to human existence.
      NOR is not a consensual reality, and indeed if it were, shamanic practitioners would have no function, for it is their responsibility to alter their state of consciousness and perceive successfully what others do not. One of the distinguishing characteristics of the shamanic practitioner is the ability to move back and forth at will between these realities with discipline and purpose in order to heal and help others.

      J’ai dans mes brouillons un récit jamais publié de mon expérience méditative au moment où s’est posé une question cruciale pour moi. Je cherchais par cette méditation une réponse. Que j’ai eue, d’une façon si forte et puissante qu’il n’y avait plus de place au doute. La décision finale était tellement radicale (mais à la réflexion pas plus que ne l’aurait été la décision inverse) que je me suis  après coup demandée si je n’avais pas habillé d’un voile ésotérique une simple projection destinée à « justifier » ma décision… et puis finalement, avec un peu de recul, quelques lectures, j’ai accepté et compris (parcellairement !) qu’il y a plusieurs « niveaux » de réalité, plusieurs réalités. Mais il m’arrive encore à l’occasion de « douter » du caractère « réel » de ce que je vis, expérimente. Il faut juste que je me souvienne qu’il y a l’OR et la NOR.

      Les perles, les pierres et moi…


      2010
      03.07

        Bereshit bara…

        Une petite fille qui n’a pas encore l’âge de raison. Qui découvre le missel à couverture de nacre qui fut celui de sa mère et le chapelet qui allait avec. Et le cercle sans fin qu’elles forment, le lien entre elles. Fascination pour les perles. Où est le début, où est la fin ? Et pourquoi la branche terminale part-elle de ce gros grain-là ? Elle pourrait tout aussi bien partir d’un autre. Ce chapelet cristallise mes questions sur les limites de l’univers, sur ce qu’il y a avant le Big Bang, sur les chiffres qui ne s’arrêtent pas parce qu’on peut toujours rajouter un et qui ne commencent pas non plus (j’ai une connaissance intuitive des entiers relatifs et même des nombres réels), sur ce qu’il y avait avant Dieu. Ces questions sur le début et la fin rejoignent d’autres angoisses métaphysiques : qu’y a-t-il avant la naissance et après la mort ? Le début et la fin, ce sont les deux choses qui me prennent aux tripes et qui sont tellement lourdes à porter pour la petite fille. C’est à ce moment-là que j’ai besoin de croire en quelque chose, en Dieu pour le moment: je demande à aller au catéchisme. J’ai besoin de rituels. D’un mode d’emploi peut-être. Un truc pour conjurer ce que je perçois comme une absence de sens. Je ne trouve pas mon compte au catéchisme, il y a chez les soeurs qui s’en occupent la seconde année une absence de coeur qui me perturbe, un décalage entre le discours et les actes qui me dérange fortement. Je me crée mes amulettes, mes colliers « magiques » plein de sens et de symboles. Inspirés souvent des dessins animés que je regarde à la télé (Les mystérieuses cités d’or…).
        J’ai donc connu et été fascinée par les perles avant de l’être par les pierres. Et puis pour mes 20 ans, mes parents m’ont offert une parure en ambre. L’ambre de mes vingt ans. Une histoire d’amour qui commençait et un cheminement assumé des perles vers les pierres puis les perles de pierre.

        Masculin et Féminin…

        J’ai raconté ici les labor necklace et collier de naissance qui ont marqué ma troisième grossesse, mon troisième accouchement. J’ai raconté le début revendiqué (revendiqué, parce que j’ai réalisé plus tard qu’il avait en fait commencé bien avant, que les graines étaient présentes depuis bien longtemps, en sommeil, en gestation dans l’ombre et qu’elles ont simplement commencé à germer, petites pousses vertes visibles et assumées, à cet moment) de mon cheminement païen à ce moment-là.
        J’ai choisi les perles de pierre de mon labor nacklace au feeling. Jade et corail. On pourrait dire que c’est du hasard, je ne sais pas encore mettre des mots sur ce qu’il se passe pour moi, en moi quand je choisis des pierres. Je pense que ça se rapproche d’un grand vide intérieur pour… est-ce que je réponds à un appel silencieux ou est-ce que c’est moi qui spontanément vais vers ? Je ne saurais vraiment le dire. Un mélange des deux peut-être ? Toujours est-il que, que ce soit pour mon labor necklace ou quand j’ai choisi un doughnut pour accompagner le voyage d’une amie ou, plus récemment, quand j’ai aidé cette même amie à choisir des perles pour un mala, « ça » tombe juste (je le vérifie après coup en regardant les propriétés des pierres « choisies »). J’ai commencé par écrire « je tombe juste », mais je me suis ravisée: ce « je » n’a pas sa place, ce n’est pas un processus du je, c’est plus grand que moi, plus grand que ce « je », un peu comme quand je disais que « ça pousse » quand ma première fille est née.
        J’aime à croire que le nom que je porte n’est pas sans lien avec cette connexion, cette intuition… j’aime y voir un clin d’oeil, un signe. Une évidence qui était là depuis le tout début et qui était tellement évidente que je n’ai pu, su en prendre la pleine mesure tout de suite.
        Je prends conscience en écrivant ces lignes que au fond, les perles, pour moi, ce sont les femmes, le féminin. Que les pierres représentent le masculin. Ce qui fait de la perle de pierre un joyaux d’harmonie, un symbole de complémentarité des énergies masculine et féminine. Enfiler des perles de pierre est quelque chose d’important pour moi, j’ai du mal à dire ce que cela signifie pour moi. Je ne peux que constater que quand j’ai quelque chose d’important à intégrer, à vivre, à honorer, à célébrer, mes pas me portent – sans que je cherche à aller dans cette direction – vers les colliers ou bracelets, vers le fil, la perle et la pierre. La signification pour moi de cet élan de tisseuse de perles est encore peu claire, mais il ne fait aucun doute que j’y accèderai en temps voulu. Peut-être n’est-il pas pas sans lien avec mon frère, mon jumeau.
        Je n’ai vraiment commencé à utiliser mes colliers que lors de mes neuf semaines de dévotion à Tara, avec la mala créé pour l’occasion. Cela m’a donné l’impulsion nécessaire pour aller au bout du sens de ces colliers, pour leur faire jouer pleinement leur rôle, qu’il s’agisse de mon collier de prière à la Déesse ou du mala à Tara ou encore de mon collier des lunes (il faut encore que je parle de celui-là qui a remplacé mon hématite depuis mon incident malheureux).
        Maintenant que je suis grande, je ne fais finalement rien d’autre que continuer à nourrir le besoin de sens, de connexion, de lien de la petite fille. Sauf que mes amulettes, colliers ne sont désormais plus seulement chargés du sens, poids que j’y mets, qu’ils ont à la fois une énergie propre  (celle des pierres) et la mienne. Qu’elles se rencontrent, se combinent, s’épousent, se renforcent. L’image qui me vient est celle d’un double serpent. Et je réalise que le collier pour mon frère et moi est, pour le moment, bâti sur cette image lui aussi.

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